Le billet d’humeur de Marc Fouquet du 13 décembre 2025.
Bien-pensance et inclusif !
La France est profondément marquée par le puissant courant de la bien-pensance, résultante du conformiste dominant. Bien-pensance et politiquement correct ne font qu’un. Sans se tromper, on peut associer la naissance du terme « bien-pensance » aux mouvements de repentance, de culpabilité historique, de culture de l’excuse. Les défenseurs de ces courants bien-pensants utilisent contre leurs censeurs (nommés mal-pensants), au mieux des propos moralisateurs, au pire l’arme rhétorique nucléaire destinée à les vitrifier, à savoir : « être contre, c’est être opposé aux droits de l’Homme… » Nous y voilà ! Mesdames et Messieurs les censeurs, on peut ne pas se laisser conduire par la bien-pensance, autrement dit par le prêt-à-penser, et être profondément reconnaissant aux Lumières d’avoir fondé le courant philosophique moderne de la raison, du savoir et de l’esprit critique. En défendant ce courant de pensée, on garantit les principes fondateurs de la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen du 26 août 1789 et ceux de la Constitution du 4 octobre 1958. Ainsi, je réfute fermement les accusateurs dans ces procès blasphématoires et théologico-politiques !
Tout aujourd’hui, par respect au politiquement correct, doit être inclusif ! Je m’inscris en faux. Je prétends que la volonté de réduire dans un seul concept des questions aussi essentielles que les personnes défavorisées, les personnes handicapées, l’écriture, les discriminations en tous genres et caetera et caetera, constituent une ineptie !
Retenons dans ce billet d’humeur, le seul exemple de l’écriture dite inclusive. Ses promoteurs (dans lesquels je vois apparaître des services publics !), prétendent l’imposer comme une norme. Mais de quel droit ? Je me permets, hic et nunc, de publier sur le sujet de l’écriture inclusive un extrait de la déclaration de l’Académie Française, adoptée à l’unanimité de ses membres le 26 octobre 2017 : « La multiplication des marques orthographiques et syntaxiques qu’induit l’écriture inclusive, aboutit à une langue désunie, disparate dans son expression, créant une confusion qui confine à l’illisibilité. On voit mal quel est l’objectif poursuivi et comment il pourrait surmonter les obstacles pratiques d’écriture, de lecture – visuelle ou à voix haute – et de prononciation. Cela alourdirait la tâche des pédagogues. Cela compliquerait plus encore celle des lecteurs. Plus que toute autre institution, l’Académie française est sensible aux évolutions et aux innovations de la langue, puisqu’elle a pour mission de les codifier. En cette occasion, c’est moins en gardienne de la norme qu’en garante de l’avenir qu’elle lance un cri d’alarme : devant cette aberration inclusive, la langue française se trouve désormais en péril mortel, ce dont notre nation est dès aujourd’hui comptable devant les générations futures. » Inutile de vous dire que je suis pleinement en accord avec cette déclaration solennelle.
Avec la généralisation de la bien-pensance et de l’inclusif, on se confond avec la pensée unique qui était, au fond, l’essence du combat engagé par les Lumières contre l’absolutisme.
Marc Fouquet
Invité permanent de L’échiquier des idées
Écrivain et observateur de notre époque
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