Plusieurs pays européens ont récemment franchi un cap clair en matière de protection animale.

Le Danemark, la Suède, la Norvège et la Finlande imposent l’étourdissement préalable pour tous les animaux abattus, y compris dans un cadre religieux (halal et casher).

En Belgique, la Flandre et la Wallonie ont supprimé la dérogation autorisant l’abattage sans étourdissement. La Cour européenne des droits de l’homme a validé cette décision : la protection du bien-être animal constitue un objectif légitime.

Le droit européen, via le Règlement (CE) n° 1099/2009, pose un principe simple : l’étourdissement est la règle afin d’éviter toute douleur, détresse ou souffrance évitable. La dérogation religieuse est une possibilité laissée aux États. La Cour de justice de l’Union européenne a confirmé qu’un pays peut aller plus loin et imposer cette exigence, y compris dans le cadre d’un abattage rituel.

Autrement dit : la France pourrait agir.

Pourtant, elle maintient l’exception permettant l’abattage rituel halal et casher sans étourdissement préalable — deux pratiques qui, dans leur forme traditionnelle, reposent sur la saignée d’un animal pleinement conscient.

Il faut le dire clairement : un animal égorgé sans étourdissement ne perd pas connaissance instantanément. Il peut ressentir la douleur, la panique, la détresse physiologique liée à l’hémorragie. C’est précisément pour éviter cette souffrance que l’étourdissement préalable est devenu la norme scientifique et vétérinaire.

Maintenir une exception, c’est accepter que cette souffrance soit tolérée…

Dans le même temps, notre pays fait preuve d’une vigilance extrême à l’égard des symboles religieux dans l’espace public. La présence d’une crèche de Noël dans une mairie suscite régulièrement des débats juridiques au nom de la laïcité. Un décor saisonnier devient objet de contentieux.

Mais lorsqu’il s’agit d’une pratique entraînant une souffrance réelle et mesurable, la République invoque l’exception.

La liberté religieuse est un droit fondamental. Mais elle n’a jamais été absolue. Elle peut être encadrée lorsqu’un objectif d’intérêt général est en jeu. La protection du bien-être animal en est un.

En 2026, la question n’est plus technique. Elle est morale et politique : peut-on encore considérer comme acceptable qu’une souffrance évitable soit maintenue par choix, alors même que le droit permet d’y mettre fin ? KRL

selective focus photography of brown cow