Ils ont réussi à opposer ceux qui nous nourrissent et ceux qui nous protègent
La France traverse une crise grave, peut-être l’une des plus révélatrices de ces dernières décennies. Une crise qui ne se lit pas seulement dans les chiffres, les rapports ou les courbes économiques, mais dans les visages fatigués de celles et ceux qui tiennent encore le pays debout. Une crise où l’on a réussi à fracturer l’essentiel : opposer ceux qui nous nourrissent à ceux qui nous protègent.
Dans les campagnes, les agriculteurs étouffent. Étranglés par des normes toujours plus complexes, toujours plus exigeantes, présentées comme nécessaires mais appliquées de manière profondément inéquitable. À la rigueur imposée aux producteurs français répond la légèreté accordée aux importations étrangères, dont les règles sont bien plus souples. Le résultat est brutal : une concurrence faussée, des exploitations sacrifiées, des vocations brisées. Derrière chaque ferme qui ferme, c’est une part du territoire qui s’éteint.
Au cœur de cette réalité, il y a aussi le silence assourdissant entourant les animaux. La consommation de viande, loin d’être un simple choix alimentaire, engage des questions idéologiques, humanistes et morales que nos sociétés peinent encore à affronter. Nous avons construit des modes de vie qui détournent le regard de la réalité de cette consommation. Si l’animal est destiné à nourrir l’homme, le minimum que nous lui devons est une existence digne et une mort qui ne soit pas dénuée de sens, loin des logiques industrielles et des manœuvres commerciales sans âme.
Pendant ce temps, dans les villes et sur les routes, les forces de l’ordre font face à une autre forme d’asphyxie. Montée de la criminalité, tensions permanentes, défiance sociale, manque de reconnaissance : le quotidien de ces femmes et de ces hommes est devenu un champ de contraintes et de dangers. Eux aussi servent. Eux aussi protègent, souvent au prix de leur tranquillité, parfois de leur vie.
Et pourtant, on les oppose. On les place artificiellement face à face, comme si leurs engagements étaient antagonistes. Alors que leurs valeurs sont profondément communes. D’un côté, des femmes et des hommes qui nourrissent la nation. De l’autre, des femmes et des hommes qui la défendent. Tous animés par le même sens du devoir, le même attachement au pays, la même volonté de servir leurs compatriotes.
La responsabilité de cette fracture ne leur appartient pas. Elle incombe à un pouvoir politique déboussolé, incapable de protéger les siens face aux pressions des lobbies européens, prêts à sacrifier des peuples entiers pour quelques parts de marché. Un pouvoir qui gouverne par la division, fidèle à une mécanique ancienne : diviser pour mieux régner. Affaiblir pour dominer. Déposséder pour contrôler.
La France porte pourtant l’héritage du siècle des Lumières. Une promesse de raison, d’humanisme et de liberté. Mais chaque jour, cette promesse semble s’éloigner un peu plus, diluée dans des décisions technocratiques déconnectées du réel et du vivant.
Comment accepter que l’on oppose celles et ceux qui ont choisi l’engagement, malgré la dureté des conditions, malgré les sacrifices personnels, pour servir la collectivité ? Comment tolérer que l’on transforme des piliers de la nation en adversaires malgré eux ?
Face à cette dérive, une position s’impose. Un soutien clair, ferme et inconditionnel aux agriculteurs et aux forces de l’ordre. Parce qu’ils ne sont pas les ennemis les uns des autres. Parce qu’ils sont, ensemble, le reflet d’un pays qui souffre, mais qui n’a pas encore renoncé à sa dignité.

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